Immersion au centre Pompidou : touchée, coulée !

Publié le par Sandrin

Je suis encore allée me perdre dans ces espaces instables, fluctuants et incessamment renouvelés que sont ces réalités virtuelles artistiquement programmées.

Rioji Ikeda, code-verse, 2018

Les vidéos numériques envahissent les lieux d'exposition. On s'y plonge, on en perd nos repères basiquement humains. Bruit et codes. Plus de fureur. De l'innovation. De l'inattendu. De l'humain branché, dans tous les sens du terme. Du transart pour un possible transhumain à venir. Moi franchement, j'aime. Et peignant depuis des années, je me fais l'effet d'un animal préhistorique qui s'en tiendrait  encore et malgré les évolutions d'aujourd'hui à ses outils datant du paléolithique inférieur. J'ai encore, tapant sur mon clavier (et pourquoi ne dicté-je pas ?) les mains toutes tachées de peintures, moi qui n'hésite pas à me salir les mains, tant j'aime ça oui : me salir. 

Mais le monde du numérique n'est pas pour autant aseptisé. On n'en sort pas forcément sauf. On peut se surprendre à divaguer dans les œuvres monumentales de Rioji Ikeda, ou à rêver devant d'autres productions qui ouvrent sur des espaces infinis,  ces œuvres semblent inépuisables. Telle cette vanité (j'y ai vu un crâne, me serais-je trompée ?) faite de mots qui ne cesse de se remplir de vocables, à moins qu'elle ne vide ceux-ci de toute possibilité de faire sens.

Charles Sandison, "1911(world encyclopédia)", 2008-2018
détail

 

Nos pauvres mots face à cet univers, comme à  l'univers tout entier (si jamais même ce concept d'entièreté possède un sens face l'incommensurable) semblent bien insuffisants. Obsolètes? 

Ne manquez pas de visionner la vidéo de Ryoichi Kurokawa qui s'inspire des découvertes des astrophysiciens, et travaille en collaboration avec eux. J'ai eu l'impression de voyager dans un monde hors de ma mesure, d'être transportée dans cet au-delà auquel on peut rêver quand on trouve l'attraction terrestre un peu pesante.

Ryoichi Kurokawa, "unfold.at", 2016

Je vais tout de même continuer de peindre. On n'est jamais à l'abri d'une coupure de courant.

Publié dans Art

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