Le musée de cluny

Publié le par Sandrin

Il suffit pour capter un peu de la poésie du lieu,  de lire les cartels qui accompagnent les œuvres, censés les expliciter en les nommant et décrivant, mais qui peuvent tout au contraire pour le visiteur lambda, susciter des interrogations et faire émerger en chacun une pointe de perplexité sur ces âmes de bois ou de fer, supports d'objets liturgiques aux saveurs surannées.

Il n'est nulle obligation d'en élucider le sens. Chaque objet est accompagné de son petit poème descriptif à même de charmer les pierres et les coeurs, note énigmatique qui éveille les sens sans toujours faire sens, comme un chant orphique venu des profondeurs des siècles. Tout est sous verre et hors portée, et les matières nommées : porphyre, cuivre champlevé, et les objets nommés : gémellion, pyxide, châsse, par leur tournure savante au regard du béotien, confèrent à l'objet une aura de mystère. Il est toujours loisible à chacun d'en chercher la signification et de devenir savant à son tour.

Mais comment faire de ces thermes sans eau, ou de cette chapelle sans même un siège pour s'agenouiller, et sans plus de christ, des lieux habités. Lieux évidés de leur substance, lieux non plus de vie mais de passage.

st françois, musée de cluny

Il reste le froid du frigidarium qu'on goute avec bonheur un jour de chaleur, le St françois peint qui continue de faire couler ses stigmates dans la chapelle, et ces bois rongés par le temps, que le musée a figé dans son travail. Un temps ralenti en un  drapé sculpté dans un noyer multiséculaire.

 

 

Le temps d'une visite, d'un arrêt sur une pierre taillée pour prophétiser, yeux exorbités, nez disparu, bouche entrouverte, une face venue des profondeurs, comme un songe pétrifié. Le temps d'une déambulation dans le dédale du temps...

prophète, musée de cluny

 

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